Bibliothèque publique juive de Montréal (BPJ)

La BPJ ouvre ses portes le 1er mai 1914 dans un modeste appartement sans eau chaude situé au 669, rue Saint-Urbain, et sa collection compte alors 500 ouvrages. Elle devient rapidement le lieu de rencontre pour les échanges littéraires et culturels, maintenant un lien avec les communautés juives toujours florissantes en Europe de l’Est tout en promouvant la croissance de la communauté dans leur seconde patrie, le Québec.

L’amour des écrits
La culture et les valeurs juives s’articulent autour des écrits. Les livres, comme expression créatrice, comme textes religieux ou comme source de réconfort et de stabilité en temps de persécution, nourrissent depuis longtemps la spiritualité et la communauté. Ils ouvrent l’esprit au monde de l’imaginaire et aux connaissances. Les collections de la Bibliothèque publique juive permettent une incursion dans ces mondes par une diversité de genres, de sujets et de langues.

Aujourd’hui, la bibliothèque principale détient plus de 150 000 articles dans les 5 langues officielles de la BPJ, soit l’anglais, le français, l’hébreu, le russe et le yiddish. La BPJ sert de centre de ressources pour la communauté juive de Montréal et de bibliothèque publique pour le quartier. Elle préserve le patrimoine de la communauté grâce à ses collections spéciales qui comprennent le Fonds de livres rares, la collection germano-judaïque Loewenthal et la collection de documents éphémères canado-judaïque Bronfman.

Éducation et programmation
Dès la fondation de la bibliothèque, l’un de ses principes directeurs est la valorisation de l’individu et de la communauté par la quête du savoir. C’est ainsi que les fondateurs créent la Yiddishe folks universitet (YIFO), une université populaire. Les nouveaux immigrants et les membres de la communauté qui n’ont pas accès à l’enseignement supérieur peuvent donc bénéficier d’une formation continue. Les cours offerts abordent différents domaines, tels que la philosophie grecque ancienne, la science moderne, l’économie et l’histoire.

Ambassade culturelle à plusieurs égards, la bibliothèque accueille aussi des discussions et des débats animés dans le cadre de ses séries de conférences. Les Montreal Weekly Forums que la bibliothèque organise, de concert avec le Jewish Immigrant Aid Services (JIAS), sont les plus populaires. Ces forums donnent aux Juifs anglophones, francophones et yiddishophones l’occasion de s’exprimer à propos d’un ensemble de questions politiques et sociales, telles que le débat linguistique au Québec (1963) ou Fidel Castro et la révolution castriste (1962).

Le Mois du livre juif de Montréal, qui célèbre la littérature et la culture juives une semaine durant, voit le jour en 1944 et est pendant longtemps l’événement marquant de la programmation culturelle de la bibliothèque. Désormais organisé par la bibliothèque elle-même, ce festival de conférences, de lancements de livres et de projections si impatiemment attendu gagne continuellement en taille et en portée. Le Mois du livre juif 2013 présente par exemple des programmes en cinq langues et attire plus de 3600 participants.

La programmation régulière et d’autres événements spéciaux attirent également certains des écrivains les plus connus du monde et les façonneurs d’opinions. Parmi ceux qui remplissent les salles de la bibliothèque, on dénombre : Saul Bellow, Amos Oz, Isaac Bashevis Singer, Mordecai Richler, Thomas Keneally, Irving Layton, Naim Kattan, Leonard Cohen, Michel Tremblay, Yves Beauchemin et Margaret Atwood. Aujourd’hui, de nouvelles générations d’écrivains comme Lawrence Hill, Tatiana de Rosnay et Heather O’Neill présentent leurs histoires aux auditeurs de la BPJ. Par ses conférences, la bibliothèque souligne l’importance des écrits et sa capacité à rassembler les communautés.

Aujourd’hui, la BPJ offre une programmation culturelle impressionnante en cinq langues, y compris des pièces de théâtre en hébreu, le Festival du cinéma israélien, les soirées culturelles russes, des lectures d’auteurs et des critiques littéraires, des cafés en langue Yiddish et plus encore.

Bibliothèque pour enfants Norman Berman
Les jeunes qui fréquentent la Bibliothèque pour enfants Norman Berman peuvent faire l’apprentissage de l’alphabet yiddish, le Alef-beys, et de l’alphabet romain. Elle renferme plus de 30 000 articles et propose des programmes aux enfants et aux jeunes de moins de 14 ans en anglais, en français, en hébreu, en yiddish et en russe. Pour les enfants de 6 mois et plus, la bibliothèque est synonyme de savoir et de plaisir.

En 1920, plus de 10 % de la collection en circulation était des livres pour enfants. En 1951, un don de la famille Naturman permet à la nouvelle Bibliothèque pour enfants M. et Mme Naturman d’aménager dans ses propres locaux. Dès 1974, la Bibliothèque pour enfants déménage sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine à la suite d’un don de livres du Conseil national des femmes juives et des Young Men’s-Young Women’s Hebrew Associations. En 1981, on la renomme la Bibliothèque pour enfants Norman Berman, à la mémoire de Norman Berman. Elle continue de connaître un essor phénoménal grâce à l’ajout de nouvelles technologies d’apprentissage et de programmes novateurs.

Trésors archivistiques
Les Archives de la Bibliothèque publique juive préservent plus de 250 ans d’histoire juive canadienne. Elles hébergent la correspondance, les manuscrits, les photographies et les témoignages personnels et les artefacts culturels des générations juives passées et les rendent accessibles au public. En recueillant, en classant et en préservant ces documents, les Archives respectent l’engagement de la BPJ d’être le « fiduciaire et le conservateur des monuments culturels de la communauté juive ». Les Archives sont le haut lieu des témoignages humains. Les documents de personnalités connues, comme l’activiste sociale Lea Roback, l’imprésario de renom Sam Gesser ou la légende du baseball Jackie Robinson mettent en lumière les récits personnels qui façonnent l’histoire sociale de la communauté.

À l’aube du prochain siècle
L’engagement à l’égard du savoir et de l’interaction culturelle dépasse largement les limites de la bibliothèque. Les clients peuvent accéder aux ressources en tout temps et n’importe où grâce aux collections numérisées de la BPJ. L’histoire de Montréal s’anime pour les élèves grâce à des ateliers dans les écoles. S’appuyant sur l’engagement historique à faire circuler les livres dans les hôpitaux montréalais et dans d’autres institutions, les membres isolés ont maintenant accès à un service mobile de livres. La bibliothèque est donc une salle de cours vivante et évolutive.

La BPJ continue de répondre aux besoins des groupes d’immigrants grâce à ses collections, programmes et services. Dans les années 1960, la bibliothèque accueille des milliers de Juifs en provenance de l’Afrique du Nord en leur offrant des services en français. Des vagues subséquentes d’immigrants de la Russie, de la France, d’Israël, de l’Éthiopie et de l’Amérique du Sud sont également accueillies. En 2016, la bibliothèque réunit une collection de livres russes pour enfants en vue de répondre aux besoins de sa clientèle russophone en forte croissance.

Depuis sa création, la croissance de la bibliothèque est étroitement liée à la croissance de notre communauté. Nos membres façonnent nos services, nos programmes et notre engagement. La BPJ constitue un espace culturel vital, toujours en écho aux sentiments du principe fondateur consistant à être une bibliothèque « pour les gens, par les gens »; un lieu où chacun trouve quelque chose. À l’aube de son deuxième siècle, la bibliothèque rend hommage à la contribution des générations passées en poursuivant son travail dans une ère nouvelle.